Manger Texan

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Au Texas, humour et merveilles

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Constructions

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Les courses à Central Market

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Bienvenue à Houston

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Ah…dministration!

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Au pays du coca cola

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Premier essai culinaire

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Un p’tit Resto?

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Basket-ball

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Driving licence

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Bénévolat

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Patriotisme Texan

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Jeudi

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La femme de ménage

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L’accent Texan

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La Highway de Houston

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La mode américaine

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Salons de coiffure

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La poste US

Provincial Road 280‎ MB‎ R0B, Canada

Manger Texan

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À BayouCity, ville multiculturelle s’il en est (90 ethnies différentes ai-je lu quelque part), on trouve toutes les cuisines du monde et beaucoup de “fusion food”. Peut-on néanmoins espérer y manger quelque chose de VRAIMENT texan? Peut être… Sur Montrose Boulevard, un restaurateur propose depuis 1986 son menu à 3 plats, le “Oil Barrel Spécial”, pour le prix d’un baril de pétrole: le prix change tous les jours. Allez-y vite, en ce moment, vu le cours du brut, c’est vraiment une aubaine… Malheureusement, les plats servis (cocotte d’escargots, bar, crème brûlée…mmm, ce sera à essayer) me paraissent plus français que texans, dommage… Pour tout dire, ce que je cherche, c’est un resto “du coin”…vous voyez? du genre fréquenté par les vrais texans, celui dont on se repasse secrètement l’adresse: Ça existe? Bien sur. Au retour d’une sympathique rando qui nous a bien affamés (il est 13h30), mes amis locaux en proposent un. C’est un ancien “food truck”, maintenant sédentarisé, qui propose les meilleurs hotdogs de Houston. “Let’s go”. Nous arrivons, nous commandons: on récupère illico les boissons et un petit carré de plastique numéroté. Et on nous appellera par notre chiffre quand ce sera prêt. Classique. On attend. (15 mns) Longtemps. (1/2 heure) Trèèès longtemps. (3/4 d’heure) On voit beaucoup de gens passer avec des numéros, personne avec des plats. J’ai faim. Une heure s’est écoulée…Toujours rien. J’ai l’estomac dans les talons. J’ai les crocs. Je m’agite. Les cuisiniers sont-ils partis tuer le “Buffalo”? Ma voisine, face à moi, reste stoïque. Elle me fait signe que c’est normal: ils nous ont averti. D’un signe de tête, elle pointe le panonceau (dans mon dos), que je n’avais pas vu: ” This ain’t fast food. Shut up and wait.”* Nous finirons, vers 15 h, par être servis. Ce n’est effectivement pas de la restauration rapide, mais c’est un vrai bon hot-dog texan qu’on nous a préparé… Yep!

Au Texas, humour et merveilles

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Les petites attentions ça compte, croyez moi… Alors aujourd’hui, partons à la recherche d’idées cadeaux typiquement locales, en fouinant dans une géniale caverne d’Ali Baba (en réalité ça s’appelle “Bath and Beyond”) où l’on trouve les objets les plus improbables comme les plus typiques de l’ “American way of live”. J’y passerais des heures… Une première “chose” artistiquement présentée en piles épaisses de toutes les couleurs, attire mon attention. Ca s’appelle “Newlife”, c’est fabriqué aux USA (critère remarquable en soi à une époque où tout vient d’Asie), et c’est vendu sous le slogan “Profitez d’une nouvelle vie!”. C’est, je vous le donne en mille…Un tapis de cuisine! Bien sûr, pas la bête carpette comme chez nous, non, un vrai rectangle en gel à la fois “pro” et “bio” (issu de plantes “naturelles” on vous le précise) que la ménagère US place devant son évier pour ne pas avoir mal au dos. (Ah, ça servait à ça le truc tout moche que j’ai trouvé dans notre appartement meublé en arrivant et que j’ai immédiatement jeté? Vu le prix, je n’aurais pas dû…) Ok, ce n’est pas le présent idéal je vous l’accorde, alors quid … Du portant permettant de suspendre 30 casquettes? Ou de l’obturateur d’évier (précisé de cuisine) à l’effigie du drapeau texan? C’est original, je vois bien ça pour une invitation à dîner chez des amis (Oups, je n’aurais peut être pas dû dire ça devant vous!) Oublions. Alors, une machine à garnir les hamburgers peut être? “Oh my Gosh”! (expression locale) qui a réellement besoin d’un appareil pour ça? Bon, c’est pourtant mieux que le dispositif pour faire pipi en voiture, non? Allez, cherchez donc vous même, je suis sûre que vous allez découvrir des objets fantastiques…

Constructions

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Vous rappelez vous du conte de votre enfance, celui des 3 petits cochons qui s’en allaient de par le monde bâtir leur maison avec des matériaux différents? Eh bien, celui de la maison en bois, j’ai découvert qu’il a émigré aux USA. Je peux vous en parler: Â Houston, bâtir une maison, ça se fait vraiment en un mois. Top, chrono ! Pour vous expliquer la construction façon “allumettes pour géant” j’ai voulu à plusieurs reprises prendre des photos…Hélas, je n’avais pas toujours mon appareil sous la main (oui, je sais, j’ai un smartphone mais le pauvre se dévoue actuellement comme GPS, il ne peut pas tout faire!) Donc, le temps de revenir quelques jours plus tard avec ledit appareil, pschitt, comme par magie, la maison était quasi terminée…Nom d’un chien! Pour nous, européens fiers de nos “vraies” maisons bien solides (pour se transmettre de génération en génération), la maison en bois, c’est une découverte disons…intéressante. Parfois la construction s’appuie sur une base en béton, mais souvent quelques pieux suffisent à stabiliser l’édifice sur le terrain. À vos marques, prêts…un gros camion arrive avec l’ossature de la maison en kit, montants traverses et entretoises prêts à monter; ensuite, c’est un jeu d’enfant, simple comme un mikado géant et infiniment plus rapide à bâtir qu’une Tour Eiffel en allumettes, ça c’est sur… En quelques jours c’est plié ou plutôt déplié, du sol aux cimaises la maison est debout. Vous voyez? (heureusement ici non plus ils ne bossent pas le dimanche, j’ai enfin réussi à la prendre ma photo!) Après, pour les finitions, comptez quelques semaines (mais pas beaucoup plus) pour donner un aspect cossu à l’ensemble. Car, une fois les panneaux contrecollés posés, l’idée est de faire ressembler le tout à une maison en dur, éventuellement avec un look fausses pierres, donc ça demande quand même un p’tit peu de déco (pas de souci, ça se fait bien même sans la célèbre Véro). Il paraît que c’est pas forcément bon marché mais écologique et très résistant au feu (ah bon?) Et aux ouragans alors? Là j’ai un gros doute et une certaine angoisse, notamment parce que nous habitons au 28 ème étage… Mais heureusement, notre résidence semble en dur, d’ailleurs, pour être certains que nous n’en doutions pas, ils nous ont carrément laissé le béton brut au plafond de l’appartement. Ah non, c’est le style Loft qui veut ça? Bon, en tous cas, j’avoue, ça me rassure!

Les courses à Central Market

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Les courses alimentaires peuvent être une corvée, parfois un cauchemar. Si vous avez testé un supermarché français un samedi de paye, avec ses rayons vidés, ses allées bondées et ses files aux caisses, vous voyez de quoi je parle. Mais ça, c’était avant. Vous ne connaissiez pas encore Central Market. Qu’est ce que c’est? Le paradis. Entrez au “Pays des Merveilles” épicières, celui qui élève le marathon des courses alimentaire au rang d’un parcours initiatique proche du nirvâna. Et je parle d’un “parcours” à juste escient: une célèbre chaîne de meubles suédois n’a pas l’exclusivité du concept. Ici aussi, un savant labyrinthe vous guide, afin que votre caddie déborde quand vous arrivez aux caisses. Et c’est facile, tout vous fait envie, tout est prévu pour vous attirer, pauvre Alice éblouie, vers les rayons débordants de victuailles si bien présentées. Dès l’entrée, les légumes les plus divers et jus frais pressés vous accueillent, artistiquement rangés en quinconce et par couleurs sur leurs lits de glace. Un peu plus loin, les fruits vous tendent les bras, ou plutôt les petits piques qui vous permettent de tester ceux disposés exprès pour vous dans des contenants isothermes. Inutile de décimer les raisins en grappillant ou de recracher discrètement le noyau de l’abricot piqué dans la cagette, on savait que vous auriez envie de goûter avant d’acheter. C’est prévu, c’est même encouragé, y compris pour les bambins à qui on propose des petits fruits “marrants” à emporter. Vous n’aimez pas éplucher? Vous ne voulez pas vous casser la tête? Vous trouverez ici des kilomètres linéaires de fruits et légumes frais prédécoupés en contenants de toute taille, en mélange ou pas. Vous arrivez au rayon boucherie, oh là là, dur de choisir tellement tout est beau. Les “tenderloins” de la semaine dernière vous ont laissé un souvenir ébloui. La viande fondait littéralement dans la bouche. Mais vous avez tout de même retenu une chose: Si vous êtes normalement constitué, vu l’épaisseur, 1 tournedos d’ici suffit amplement pour 2 personnes. (Pourtant le boucher a l’air surpris que vous commandiez si peu, le client à côté repart lui avec des “spare ribs”pour le barbecue d’un régiment français ou d’un couple américain). Et si on prenait aussi du poisson? Du “seabass”? (selon les traductions bar, loup, mérou du Chili voire daurade donc on ne sait pas ce que l’on mange mais c’est absolument délicieux). Ou des crustacés…que décider? Il y a 10 sortes de crevettes…Ah, n’hésitons pas à en essayer plusieurs, l’employé les emballe avec un sachet de glace pour le transport. Je vous sens jaloux…je vais peut être abréger mon récit, faute de pouvoir écourter mon périple gastronomique. D’ailleurs, après avoir testé les (35 sortes de) pains de tous les pays du monde et meilleure boulangerie de Houston, les fromages itou, les sauces (ah il faudra que je vous en parle plus longuement au autre fois) les muffins et autres douceurs …je suis absolument gavée et décidée à sauter le repas de midi… Pourtant, nous arrivons à peine au rayon traiteur. Là, on peut composer soi même son assiette en piochant parmi la cinquantaine de sortes de salades, légumes cuisinés, tapas, antipastis…si on ne préfère pas une bonne soupe fraîchement préparée…C’est irrésistible! Des invités surprises et pas le temps de préparer? Aucun souci une quarantaine de plats de tous genres et de toutes origines, des crêpes mexicaines fourrées jusqu’aux sushis frais vous attendent… Mais ouf, on arrive aux caisses… Il était temps, je sens que vous alliez commencer à me détester! NB: Pour vous consoler (ou si vous n’êtes pas complètement naïf) vous remarquerez que je n’ai pas parlé du prix du caddie à la sortie!

Bienvenue à Houston

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Houston, une semaine après l’arrivée Houston a l’air sympa, je m’aventure progressivement de plus en plus loin avec ma jolie petite Chevrolet bleue. Merci mon fils qui m’a appris sur Skype depuis l’Asie à utiliser un smartphone comme GPS. Parce que, bizarrement, ma merveilleuse voiture américaine n’en est pas équipée: Sans cet astucieux dispositif, je serais toujours en train de pleurer au bord de la route. Hier, j’ai enfin osé prendre le périphérique jusqu’au supermarché pour commencer les premiers achats de survie et dénicher les choses basiques qui manquent dans notre pourtant très chic appartement meublé. Eh bien, ce n’est pas si évident que ça. Dans les magasins, on trouve par exemple des kilomètres (j’hésite encore à compter en miles, il va pourtant falloir s’y résoudre) de rideaux de douche. Les mœurs locales semblent en imposer deux superposés, un moche en plastique pour protéger, un joli (ou pas) en tissu pour faire cosy. On y trouve aussi facilement des cintres spéciaux pour suspendre aisément ses 25 casquettes dans l’armoire, ou encore des protections isothermes conçues uniquement pour les verres à pieds. Mais récupérer une basique machine à Expresso, celle qui va bien pour mes petites dosettes chéries, ou une centrale à vapeur, ou un tout bête étendoir à linge, là c’est un vrai parcours du combattant…Mais comme chacun sait, je suis tenace… Ah ah! Côté épicerie, “oh my God” je suis perdue! Les portions alimentaires sont à proprement parler hallucinantes, chacune nourrirait à elle seule une famille nombreuse ou recomposée toute entière…Comment diable font donc les célibataires américains? Dans les boutiques, tout ce qui est chic et cher est “organic” (Bio). Tout, même les taies d’oreillers! Pour autant, le développement durable n’est vraiment pas dans les mœurs: Lors des passages en caisses, face aux monceaux de sacs plastiques, je fais carrément figure d’extraterrestre avec mes mignons petits cabas en tissu recyclables, pourtant usuels à Paris. Ah, d’ailleurs, en parlant d’extraterrestre, on a découvert l’air très bizarre des aspirateurs américains et la fonction broyeur dans l’évier. (On a une gigantesque poubelle, que doit on broyer?). Notre résidence est vraiment très luxueuse, avec des prestations d’hôtel 5 étoiles , c’est un “High Rise Condo with all amenities” comme on dit ici: Les services proposent même des extensions de cils…On se rassure je ne vais pas essayer, mais visiblement la concierge l’a fait. Et si on saute de notre balcon (Euh, non finalement) on atterrit sur le golf. Généralement, la vue panoramique est sublime…Malheureusement ce matin, on est dans un brouillard à couper au couteau. Et pour l’instant il me manque encore quelques voisines sympas. Après un début de socialisation réussi à la salle de gym, j’attends impatiemment ma machine à expresso pour papoter plus agréablement qu’autour d’un café Starbucks en lessiveuse pourtant généreusement offert par la résidence. Le concierge semble en tous cas très prévenant, le portier et les employés des grandes surfaces aussi: On vous demande tellement, mais…tellement “How are you Maaaamm?” et si vous avez besoin de quelque chose, qu’hier j’ai fini par me demander si je n’avais pas un peu l’air malade, mais c’est paraît il juste la politesse ici.

Ah…dministration!

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Aujourd’hui, c’est tout bon, j’ai enfin un RDV avec l’administration américaine pour déposer mon dossier de demande de “SSN”, le fameux “Social Security Number” américain sans lequel on n’existe pas ici. Oui, comme vous, je suis convaincue que, quelque soit le pays, toute démarche administrative tourne en général au cauchemar. Mais…tout de même, nous sommes dans ce beau et grand pays moderne que sont les USA et une lueur de confiance m’habite. Ca devrait être simple. Du reste, j’ai pré rempli le formulaire et sous la main tous les justificatifs originaux plus au moins 3 photocopies de chacun d’entre eux, mieux vaut être prudent n’est ce pas. J’y ai ajouté des documents que personne ne me demande, sait on jamais? Reste à se préparer pour faire bonne impression, et représenter la candidate idéale que l’Etat du Texas sera heureux d’accueillir comme “US Person”(Statut qui lui permettra d’être immédiatement enquiquinée par le fisc américain et par sa banque française, stressée par de précédents déboires avec ce même fisc américain…) Donc, choisissons la tenue adéquate: un manteau orange, couleur ensoleillée et tonique s’il en est, un carré Hermès (Représentation digne du chic à la française), un sac à main Hong-kongais (ça c’est pour l’allure moderne), des talons hauts (eux pour la silhouette), et une touche finale d’eau de parfum (français aussi on ne se refait pas)…ça devrait aller…en route! Et en avance SVP, pour éviter tout aléas sur la route…Départ. Bon, en définitive j’ai bien fait de prendre de la marge, parce que Miss GPS est visiblement mal lunée ce matin: Elle m’a emmenée tout direct sur le parking d’une gigantesque concession automobile Ford…Aucun bureau administratif à l’horizon mais des voitures à perte de vue. Je me vois mal garer ma toute mignonne Chevrolet (avec ses splendides plaques provisoires étiquetées “GARAGE CHEVROLET” en gros) au milieu de milliers de voitures Ford à la vente, qui semblent grimacer de tous leurs pare-chocs. Allons nous parquer plus loin! Et là, j’ai le droit de me garer? J’ai pas le droit? C’est pas clair…allez je tente…de toutes façons, il n’y a pas âme qui vive…Oui, d’ailleurs, tiens, à qui vais-je demander où se trouve ce fichu bureau de Sécurité Sociale? Ah, si là bas, il y a quelqu’un: un gentil monsieur d’au moins 75 ans, qui m’explique qu’il commence aujourd’hui son premier jour de travail comme jardinier (vive la retraite française à un âge décent). Il a vu les bureaux que je cherche un peu plus loin, j’y cours. Ouf, pile à l’heure et il n’y a même pas d’attente puisque j’ai pris RDV, génial! On me fait signe de patienter derrière un guichet fermé par un volet. Suspense… Le volet s’ouvre et là je comprends instantanément que, arriver pimpante, c’était une erreur. Parce que la dame de l’autre côté, c’est l’incarnation d’un rêve américain quand il s’est cassé la figure. Il est 8 h du matin et elle a l’air épuisée, flasque, blême, le cheveux triste et la mine défaite dans son énorme pull gris informe. Je tends mes papiers mais je sais que c’est sans espoir. Elle feuillette compulsivement les feuillets et cherche une raison de refuser le dossier…tout est en règle, que va t’elle bien pouvoir trouver ? Le certificat de mariage? Je l’ai! Oui, mais il n’est pas traduit…Si! Oui, mais ce n’est pas l’original de la traduction…Si d’ailleurs il y a le tampon du traducteur… Ah, oui, mais il a été traduit à New York, ce n’est pas valable ici…il fallait le faire traduire à Houston! Ca y est, elle a trouvé la faille et son regard brille, pétille, elle va pouvoir refuser mon dossier avec un grand sourire… Je ne proteste même pas, parce que j’ai vraiment l’impression d’avoir éclairé sa journée… Et j’ai bien fait, car deux jours plus tard, je suis retournée avec le même dossier dans la même administration, où il a été accepté sans sourciller par une de ses collègues.

Au pays du coca cola

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Dans chaque pays, la visite des supermarchés (ou de ce qui en fait office) offre toujours un bon aperçu du niveau de vie local. D’ailleurs, le calcul du fameux “coefficient d’expatriation”, appliqué par les entreprises sur les salaires de leur personnel affecté à l’étranger, repose en partie sur les prix d’une liste d’items plus ou moins basiques, qui, localement, sont relevés régulièrement. Je me rappelle d’ailleurs fort bien le monsieur d’un certain âge qui faisait ce relevé en Afrique et secouait frénétiquement les bouteilles de Whisky pour vérifier qu’il n’était pas frelaté.(Comment savoir? Simple, il ne doit pas mousser.) Si il vit encore, il mourrait sûrement d’épuisement dans un supermarché US. Notamment chez “Spec’s”, la Mecque (Euh, est ce le terme le mieux adapté? ) des vins, alcools et spiritueux au Texas: 20 magasins géants à licence spéciale rien qu’à Houston. Leur boutique 00, le vaisseau amiral de la marque, doit bien faire dans les 53820 pieds carrés (on est aux USA, à vous de convertir!) à elle toute seule. Et on y trouve tout tout…mais vraiment tous les vins et spiritueux, de tous les pays du monde, des plus connus aux plus étranges: Vous cherchez un “Lacrima Christi”, ce vin italien pétillant des pentes du “Vesuvio”, pas de souci! Un vin de Moselle (n’oubliez pas, nous ne sommes pas à Metz mais au fond du Texas) ils ont. Allez, plus dur, je vous défie de trouver près de chez vous de la liqueur d’anis de Pontarlier, (d’ailleurs, saviez-vous que ça existait ?)…Eh bien, ici, il y en a…et du Génépi des Alpes, du kirsch de Bavière, du saké japonais et de la bière chinoise… Mais vous préférez peut être celle du Honduras? Pas de souci, c’est en rayon, comme les figues à l’alcool croates, l’akvavit du Danemark,18 sortes de vodka néerlandaises (ah, la Hollande produit de la vodka?) 6 finnoises et même une…australienne (les russes et les polonaises seraient trop longues à compter)… Qui donc boit tout ça aux USA ? Visiblement, plein de monde, car le parking du magasin affiche complet et les caddies taille XXXL mode US débordent. Et dire qu’on imaginait naïvement qu’on était au pays du coca cola… Et vous, que choisiriez vous? Des “Flipflops”* et un peu de “Procrastination”*…ou un sympathique “Ménage à trois”*? …Parce que franchement, le “Cul de sac”*, ça n’est sûrement pas ce qu’il y a de mieux! * Noms de bouteilles relevés dans les rayons.

Premier essai culinaire

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Et voilà, mon mari a relevé un challenge de plus, réussir son fameux marbré au chocolat typiquement français “made in USA “…Ça n’a pourtant pas été chose facile… D’abord, il a fallu rattraper le coup des achats ratés, la farine de maïs au lieu de celle de blé (Ah ah, fallait bien lire, les paquets sont identiques) et le “Like sugar” au lieu du sucre…effectivement, ce qu’on trouve par paquet de 1 kg au supermarché c’est du faux sucre, le vrai c’est visiblement par 2 kgs qu’il est vendu…ici on aime le sucré un point c’est tout! Ensuite il fallait comprendre comment utiliser la baking powder américaine au lieu de nos bons vieux sachets de levure chimique (on en met combien de ce truc? Ah, c’était bien pratique nos p’tits paquets). Enfin, restait à trouver le tableau de correspondance du verre doseur, avec ses mesures indiquées en “cup” ou en “Oz”…Euh ça fait combien un Oz?) Bon, c’est seulement ensuite que ça c’est vraiment corsé, parce que, naïvement, on avait toujours cru que la célèbre multinationale agroalimentaire suisse ultra connue mondialement vendait ses produits phares “All over the world” et bien non, notre tout commun et habituel chocolat spécial dessert de base n’existe pas à Houston et le chocolat local, dosé à 100% en cacao, est …comment dire, juste incroyablement étrange: C’est bien simple, il ne se mélange avec RIEN…ni avec le beurre, ni avec le sucre, ni avec le rhum, rien, rien, rien, même avec un batteur électrique…(Ah oui c’est vrai, on avait entendu dire que tous les expats rentrent avec des valises pleines de chocolat à pâtisser, mais on ne l’avait pas cru). Après un quart d’heure de lutte acharnée avec un batteur à la vitesse maximale qui en aurait presque rendu l’âme en plus de nous asperger la cuisine, il a fallu se résoudre à incorporer vite fait l’espèce de plâtras plein de grumeaux au reste de la préparation… Et à l’enfourner dans notre somptueux four d’une taille capable de cuire une dinde obèse de Thanksgiving pour vingt-cinq convives (pourtant personne ne semble cuisiner ici, un vrai paradoxe). Heureusement, on avait cherché le fonctionnement de ce magnifique appareil avant, parce que sinon il faut avoir sa tablette tactile ou son ordi prêt avec traducteur sous la main pour comprendre que “broil” ça veut dire grill (eh non, on ne dit pas grill en américain), et attention, ça ne signifie pas cuisson! Et utiliser Google (moi en tous cas j’en ai besoin) pour transformer en Celsius la température indiquée en Fahrenheit. (OK, Certains trouvent ça tout simple il suffit de retrancher 32, ensuite de multiplier par 5 puis de diviser par 9.: Vous faites ça de tête, n’est ce pas? 400 degrés F ça fait combien en Celsius?…non, non, on ne cherche pas sur son IPhone… Bref, faire un marbré ici…c’est pas du gâteau. Mais rassurez vous, comme d’habitude, et malgré l’adversité, le résultat a été plus qu’honorable…Chapeau le cuisinier !

Un p’tit Resto?

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Depuis notre arrivée, on a testé quelques restaurants. Ça vous tente? accompagnez-nous, on vous invite! On ouvre la porte, on entre, accueillis par une toute mignonne petite jeune fille qui nous demande, de sa voix la plus suave…non, avec un accent texan à couper au couteau: “Greemmmebeeeuurrr ortaiiiiibbleeuuuuuu?” Oups…Mon époux me regarde, l’œil rond et interloqué,visiblement il n’a pas compris, moi non plus… ” Could you repeat please? grrreumeeeuubeeuuur ortaaablleeeuu? Ah une table oui ! C’était quoi l’autre choix? Beuuuurrrr Ah, baaaaar! Bar? Non, non, on veut une table merci!” Nous y voilà, bien assis…dans la pénombre. Parce que les restos chics ou romantiques se doivent visiblement d’être sombres. Ici, pas besoin de réserver pour un resto spécial “dans le noir”, l’obscurité, c’est toujours inclus dans le concept. On regarde désespérément vers les tables adjacentes pour voir où on pourrait piquer une bougie…Toutes les tables sont occupées, zut. Et les clients n’ont pas l’air désespérés de ne rien voir dans leur assiette. Sont-ils aveugles?…Et sourds ? En tous cas pas muets, car la discrétion n’est pas de mise et l’accent texan à hauts degrés de décibels, malgré le cadre romantique, ça dépote! Voilà John. John, c’est notre serveur. Oui, ici, le serveur(euse) se présente toujours personnellement par son prénom:” Je suis John, Ben, Alex or Shirley…et c’est moi qui suis à votre service pour cette soirée; si vous avez la moindre question ou besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas”: Sympa, non? Tiens, justement, on voudrait bien un peu de lumière…Et voilà John qui revient ventre à terre avec une pauvre bougie à moitié éteinte… Et de grands verres pleins de glaçons et d’un peu d’eau. Les grands verres bien glacés, à peine êtes vous assis, c’est toujours ce qu’on vous apporte sans que vous demandiez. Â mon avis, c’est pour être sur que vous commandiez ensuite du vin -toujours fort cher sur la carte- car une fois que vous aurez avalé une gorgée de ce concentré d’eau de Javel, vous n’hésiterez plus sur la bouteille à 100 dollars. Ensuite, John apporte du pain et du beurre, c’est gentil ça…et plus tard les menus. Bon, on ne voit toujours rien et entre temps la bougie s’est éteinte. Dans ce resto bien chic, on se tortille dans tous les sens pour essayer de déchiffrer ce fichu menu, sans oser nous résoudre à utiliser la fonction “flashlight ” de nos smartphones. En fait, on aurait du, car (après avoir du bien rigoler dans notre dos), John finit par nous apporter des lampes torches. Ah, ça va mieux! Mais ce n’était pas utile, car parmi les prérogatives du serveur US, il y a la description du menu: Pas de souci même si vous êtes totalement analphabète, il va de toutes façons passer 10 minutes à vous décrire les “fabulous” ingrédients qui composent les plats… Ça vous permet de comprendre qu’au Texas, une salade César c’est une simple feuille de laitue vinaigrette (ah c’est pour ça que ce n’était pas cher). Bon, John est doué, il a réussi à vous fourguer 2 plats supplémentaires le coquin! Et pour les vins? Bah, comme on a choisi viande et poisson, on aimerait bien un rouge léger, style vin de Loire. Mais non, ce n’est pas bizarre de commander un vin de Loire aux USA parce que on trouve tout ici et que le “wine tasting” c’est visiblement l’activité sociale favorite des américains. Hélas, John, bizarrement, n’a pas de vin de Loire mais il a bien compris ce que l’on veut et il nous apporte…un blanc: Non, on a demandé un rouge léger. Et là, mon cher mari, qui veut être certain que John ait bien compris, ou d’humeur taquine, lui explique son choix en allemand en portugais et en français, ce qui achève de dérouter le pauvre bougre, que l’on ne reverra plus pendant 20 bonnes minutes. Est il allé pleurer dans la cave? Non, le revoilà, tout fier, avec une bouteille de Merlot californien dans la main. On ne va pas le traumatiser plus, ce pauvre John…Son vin se révélera à peu près aussi corsé qu’un bon Madiran, mais au moins il a repris le service…. Voilà, le repas peut se dérouler agréablement, et classiquement selon nos critères. C’est à la fin que les surprises reprennent. Quand vous regardez avec effarement vos voisins de table, très snobs dans ce resto huppé, demander des “doggybags”…et les obtenir sans un froncement de sourcil. C’est sympa et pragmatique, on a payé, donc on emporte ce qu’on n’a pas consommé sur place, vivement que ce soit habituel en France! Et quand arrive l’addition (in America, business Is business, elle arrive sans qu’on la demande), on comprend pourquoi John, Ben, Alex, Shirley et les autres se décarcassent: Le pourboire “tip” est obligatoire si le client est content, et les barèmes sont clairement indiqués sur la note, selon le degré de satisfaction: de 15% si on est rat à 20% si on est très content ou nul en calcul mental, c’est tout simple!

Basket-ball

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Personnellement, je n’aime pas le basket. Pas plus que les autres sports de balle, peut être même moins, ça me paraît, disons poliment…encore plus inintéressant. Pourquoi diable les américains se passionnent-ils pour le championnat? Donc, quand hier mon cher mari est rentré avec un grand sourire et 2 invitations pour un match de NBA (Celui opposant les fameux Houston Rockets aux Utah Jazz), oh là là, c’est bien parce que la météo était suffisamment pourrie pour interdir toute autre activité que je me suis résolue à l’accompagner. il faut dire qu’il m’avait bien vendu l’ambiance dans les tribunes et l’intérêt d’y tester un vrai hot dog texan, celui avec la mayonnaise qui gicle directement sur le voisin, d’ailleurs il m’a clairement recommandé de m’habiller en conséquence. En tous cas, visiblement, le “Toyota Center”, célèbre stade de Houston, attire les foules: Malgré le ticket de parking généreusement offert (sinon payez 40 dollars!) avec nos places, vu l’embouteillage, mieux vaut se rabattre sur un garage à l’autre bout du “dowtown”… Bah, marcher sous la pluie dans la nuit froide, quelle excellente opportunité de faire nos 30 minutes d’activité physique de la journée. Nous y voilà. Non, mais ce n’est pas un stade ça..c’est une ville dirait on, avec des boutiques, des restaurants, des banques, des jeux, des voitures en démonstration… La seule chose qui pourrait nous manquer, c’est l’escalier pour atteindre le deuxième étage, puisque nos tickets indiquent 224. Effectivement, il n’y en a pas, il faut prendre l’ascenseur! Parce que le 2ème étage, on le réalise soudain, c’est l’étage VIP, celui très joli avec la profonde moquette et les suites, dont la 224, celle où nous sommes conviés. Où nous attendent de doux fauteuils et un somptueux buffet servi par une charmante demoiselle, qui, comme l’ensemble des convives (sauf nous), est tirée à 4 épingles. Chacun commence l’apéro ou le dîner, à son rythme, alors qu’un feu d’artifice indique le début du match. Visiblement, pendant qu’on cherchait l’escalier, on a raté l’hymne national. Vous ne connaissez pas les règles du basket? voici un mini résumé: Le match se joue en 4 quarts temps de 12 minutes, chaque équipe de 5 joueurs a 24 secondes pour marquer un panier sinon il y a “violation” et le ballon passe à l’équipe adverse, c’est hyper rapide vraiment. Donc, vous calculez mentalement que la soirée durera 48 minutes plus la mi-temps? Et bien pas du tout! Parce qu’aux États Unis, le jeu, ce n’est somme toute qu’une infime partie du show. Toutes les quelques secondes, il est interrompu. Et pénètrent sur la piste successivement ou simultanément, (le tout retransmis sur un écran géant multidirectionnel), des pom-pom girls (ok, on s’y attendait), des ours bleus géants (ah oui, c’est “Clutch the Bear”, la mascotte locale), Monsieur Météo (non pas d’ouragan â l’horizon, mais hélas toujours de la pluie), une centaine d’enfants des écoles avec leurs cerceaux (trop mignons), un vétéran (digne), une chorale (excellente), six héros de la nation (bonne idée, c’est sûrement plus sympa pour eux d’être applaudis par 10000 personnes plutôt que par un politicien compassé qui leur remet une médaille), les candidats de plusieurs jeux qui en profitent au passage pour rafler le billet d’avion de leurs prochaines vacances et j’en passe … Et les ours de projeter des tee-shirts à coups d’élastiques, les jolies “cheerleaders” de lancer des cornets de popcorn, les candidats de tenter 5 paniers gagnants en 20 secondes, la foule de hurler en cadence. “Faites du bruit, faites du bruit” clignotent en lettres géantes les écrans. Chacun, dans les tribunes comme sur le parquet, semble vaquer à ses occupations, le tout retransmis en agrandi, au milieu des scores, des annonces publicitaires, ou de celles des anniversaires du jour (“Happy Birthday” Jenny, Barbara, Ken et une dizaine d’autres!) D’ailleurs, voici un somptueux chariot de desserts qui nous arrive… Ah tiens, une interruption, le jeu reprend… Et tant mieux, parce que James Harden, le charismatique joueur star des Houston Rockets, vraiment excellent ce soir, multiplie les paniers à 3 points. Il va permettre à son équipe de s’imposer facilement contre les Utah Jazz sur le score de 97 à 82. Les serpentins pleuvent. Déjà fini? Pas de prolongations? Quel dommage! Finalement le basket, j’aimais ça moi…

Driving licence

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Quel serait un mot plus fort “qu’indispensable” ? “Primordial”? Non c’est pas mieux. “Essentiel”? Non plus… Vous ne voyez pas? Moi non plus. Alors, disons que la voiture, à Houston, c’est quelque chose comme “indisprimentiel”. Imaginez, la ville fait, en km2 et pas en âcres cette fois ci pour être sûre que vous visualisez bien : 1625 km2. Elle pourrait contenir à la fois New York, Washington, Boston, San Francisco, Seattle, Minneapolis et Miami toutes ensembles. “Pas possible!” Ah, vous ne me croyez pas? Eh bien, n’hésitez pas à vérifier avec votre moteur de recherche préféré. Et dans cette gigantesque mégalopole une pauvre ligne de “Metro” (c’est le nom officiel du Tram) toute esseulée et, bien sûr, pas un supermarché à moins de 3 miles de votre domicile: Pas besoin, vous avez un véhicule personnel. Forcément. La voiture, c’est l’objet auquel les américains tiennent, clairement, le plus. Devant chaque maison, même la plus petite, la plus branlante, la plus miteuse, vous voyez parqués plusieurs véhicules rutilants, énormes berlines ou gigantesques pickups que leurs propriétaires semblent bichonner le dimanche avec amour. Vous êtes aussi resté baba devant les géantissimes concessions automobiles des constructeurs américains, avec leurs innombrables voitures flambant neuf, alignées en rangs serrés sous une bonne dizaine de bannières étoilées du Texas (Lone Star State) et de l’Union qui flottent au vent… Donc, vous comprenez qu’avoir une voiture ici, c’est vital. Et pour pouvoir la conduire, il faut? un GPS? Oui, c’est sûr…mais encore? Il vous faut une “Driving Licence” Texane. Ah, mais c’est facile, puisque la France et le Texas ont signé un accord de contrepartie mutuelle: Vous fournissez à l’administration votre permis de conduire français, elle vous retourne celui du Texas, génial ! Hélas, vous rêvez ! Vous devez aller “en personne” au bureau des permis de conduire pour remplir un formulaire d’échange. Qui vous demande de quelle race vous êtes. Ça surprend: En France il n’y a guère que les chiens qui ont des races… Bon, de toutes façons, vous avez le temps de vous poser la question…Car en arrivant dans les locaux administratifs, vous avez dû enregistrer sur la pointeuse automatique de l’entrée votre numéro de smartphone. En retour un sms vous indique que vous avez 92 minutes d’attente. Vous avez le choix de répondre L (Leave: je me barre) ou H (Help: à l’aide!); et si vous avez décidé d’attendre, eh bien attendez. Mais moi, je suis très chanceuse, parce qu’Emma, la gentille dame de l’agence de “relocation” chargée de nous aider, qui connaît bien la boutique, a prévu le coup. Quand elle arrive, tout sourire, elle a un numéro coupe file (Dommage, je ne parviendrai pas à savoir comment elle a fait pour l’obtenir sinon j’aurais partagé l’info avec ceux qui semblent en perdition dans les profondeurs de la salle d’attente) On a juste le temps de vérifier que j’ai bien apporté tous les papiers: Ah, il fallait le certificat d’immigration…mais puisque j’ai déjà (ou enfin!) mon numéro de Sécurité Sociale, c’est que j’ai immigré non? Il faut quand même l’attestation… Ouf, je l’ai en photo sur ma tablette, espérons que ça sera suffisant…c’est notre tour. Aujourd’hui, on a de la chance avec l’administration. La jolie jeune fille du guichet 10 (de race “black” ou métisse?) en tous cas bien sympathique, accepte d’imprimer le fameux document I 94 qui lui prouve que je suis bien sur le territoire américain. Reste à payer…et à passer le test de vue, une simple formalité: on déchiffre une ligne en regardant dans un appareil et on montre qu’on sait reconnaître les 3 couleurs des feux tricolores. Ok pour la ligne de lecture (euh, quoique difficilement) mais ça se gâte avec les couleurs: ” Vert, orange, rouge. Non. Mais si, c’est vert, orange, rouge. Non”. Aie aie aie, en plus d’avoir la vue qui baisse, suis-je en train de développer un daltonisme tardif et fulgurant? Frénétiquement, je fouille mon sac à la recherche de collyre, quand heureusement, Emma me glisse discrètement à l’oreille: “vert, jaune, rouge” Vous saviez, vous, que orange c’est jaune aux USA? La charmante demoiselle met le tampon sur mon permis provisoire… Ouf ! Je vais pouvoir survivre ici.

Bénévolat

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Quoi de mieux pour s’intégrer dans un nouveau pays que de faire du bénévolat? Une bonne idée toute simple, n’est ce pas? En fait, pas tant que ça aux USA… D’abord, aux States, pour être autorisé à faire du bénévolat, il faut un premier Sésame: Le fameux “SSN”, c’est à dire son numéro personnel de Sécurité Sociale Américain, sans quoi ici on n’EXISTE PAS et on n’est pas autorisé à faire quoi que ce soit (même pas à souscrire à un abonnement téléphonique ni à avoir une carte de crédit). Mon cher mari a mis presque 3 mois à l’obtenir ce foutu SSN, mais je suis plus chanceuse, en 1 mois c’était fait, je l’ai enfin tout beau tout neuf. Yes, je vais pouvoir être bénévole… On peut y aller! Hop, une connexion sur le site web “Volonteer Houston” et je m’inscris: le site est bien fait, on cherche son type de bénévolat en fonction de ses compétences et de ce qu’on aime faire, puis on clique pour s’enregistrer… Halte là, attention, n’oublions pas de regarder le lieu de l’activité, parce que Houston, mine de rien, c’est quand même la 4ème ville la plus étendue des États Unis, faudrait pas se retrouver embarquée à faire du bénévolat à 40 miles (à multiplier par 1,6 bien sur pour convertir en kms) de la maison… Tiens, distribuer de la nourriture et faire de la prévention alimentaire à 11 kms d’ici, c’est sympa et ça devrait être dans mes cordes. Top là, c’est vendu…Je clique! Ah, il y a un formulaire de “candidature de bénévolat” de 3 pages à remplir, il faut joindre son CV ses diplômes et…3 recommandations en anglais. Qui SVP parmi vous 1- acceptera de me recommander “avec enthousiasme” voire…”avec réserves” (évitez quand même le “pas du tout”.) 2 – voudra bien compléter le foutu formulaire en anglais, soyez sympas, y’en faut 3 qui se dévouent, please ! Allez, j’ai confiance en vous, vous n’allez pas me laisser tomber n’est ce pas? On considère que c’est bon, je lis la suite. Et là, Oh non…Ce n’est pas fini: Je découvre avec stupeur qu’après l’acceptation “éventuelle” de la candidature, j’aurai 30 jours pour valider un questionnaire sur un site connexe, car ils doivent être certains que j’aurai une approche adéquate des populations rencontrées… Et que pour s’entraîner à répondre avec un pourcentage d’erreurs limité au fameux quizz (sinon on est recalé) il faut s’entraîner sur un site de e learning. Argh..Je me sens tout à coup moyennement motivée… Bon, finalement, le bénévolat je regarderai ça tranquillement demain, pour l’heure je vais aller faire du sport…

Patriotisme Texan

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Le patriotisme américain, c’est un fait. On le comprend…ou pas, on l’admire…ou pas, mais en tout le cas on le connaît. On a tous vu les films cultes qui l’exaltent. Et revus. The End. The end? Non, car le patriotisme Texan, c’est autre chose. Plus grandiose, peut être pas, mais présent au quotidien, ça certainement. Parce que, pour un Texan, Dieu, le huitième jour, il ne s’est pas reposé, non. Il a crée le “Lone Star State” le meilleur, le seul, l’unique: Rendons lui grâce ! Le Texan aime son état et le revendique. Du matin au soir et du soir au matin, repas compris. Quand il fait son barbecue, la planche â découper est en…forme de Texas. Et quand il prend son “breakfast”, le gaufrier moule quoi?…Des gaufres bien entendu, mais aussi en forme de Texas. (Je vous joins la photo, incrédules que vous êtes!). Vous imaginez-vous un seul instant croquer dans votre baguette bien française qui aurait tout soudain pris la forme d’un hexagone? Avez vous déjà vu des gaufres en forme de Floride ou de Californie (et je ne parle pas d’Illinois ni de Wisconsin)? Non, contre vents et marées, en patriotisme les Texans sont les plus forts, d’ailleurs, plusieurs ont été élus présidents, ce n’est sûrement pas pour rien…(Mon cher époux dit que c’est à cause de la manne pétrolière mais il est partial c’est évident.) Et, parmi tous ces Texans patriotes, fiers de leurs valeurs et leur suprématie, les Houstoniens sont, comment dire, encore plus affutés. D’ailleurs, aujourd’hui comme tous les jours, je reçois la petite newsletter de la ville. Le thème de ce mercredi? “Les 15 choses pour lesquelles nous sommes les meilleurs” Je vous fais grâce des choses évidentes comme la création d’emploi, l’exploration spatiale ou la recherche médicale, je ne voudrais pas vous ennuyer avec des banalités. Oublions également les spécificités vraiment locales et peu concurrentielles comme le plus grand rodéo du monde. Vous saviez qu’ils ont reçu le premier mot transmis depuis la lune. Ça date. Mais qu’ils ont les conducteurs les plus cons du monde (oui c’est bien “A-holes” le terme employé dans l’article) et les chiens les plus efficaces pour mordre les postiers, avouez que, là, franchement, ça vous en bouche un coin! Vive le patriotisme Texan et… Bravo pour leur humour!

Jeudi

3100 Rd, Independence, KS 67301, USA

Le jeudi c’est…. Raviolis? Non, ça, c’est le lundi chez les Le Quesnoy. Dans notre belle ville de “BayouCity” le jeudi c’est: musées gratuits. Formidable, j’habite près du “Museum District”. À Houston, c’est bien simple, tout est classé: Les immeubles de bureaux, hop, tous dans le “Downtown” où vous ne trouverez plus âme qui vive le week-end, tant pis pour les restaurants, tous situés dans les 6 miles = 9,7 kms de tunnels souterrains (les plus longs au monde) qui relient entre eux les gratte-ciels. 400 boutiques d’un coup? Dans la Galleria. Où construire 54 hôpitaux et institutions de santé? Hop, on les range bien sagement ensemble dans le “Texas Medical Center“ avec les hélicos et les ambulances hurlantes qui vont bien avec…Le tour est joué, on a le plus vaste quartier médical du Monde connu. (C’est aussi le meilleur paraît-il). Et les 18 musées, donc? Eh bien, dans “Museum District”, facile! Bien conçu aussi: MD vous offre 300000 pieds carrés (quasi piétonniers les pieds carrés) d’espace consacré à l’art, aux sciences, à la peinture, à la photographie ou encore à l’histoire. À Houston, pouvez même trouver un magnifique musée totalement dédié aux enfants, le meilleur des USA paraît-il ou encore…un musée de l’histoire funéraire. C’est alléchant… Bon, d’accord, pas forcément celui là…(Et pourtant il est bien noté sur TripAdvisor, le célèbre portail de référence des voyageurs avertis ); En plus, tous ces lieux de culture sont gratuits le jeudi. (Ai-je pensé à vous conseiller le site Houston on the cheap?) Pour y aller? “Very easy indeed!”: le quartier des musées se trouve à l’intérieur du “first loop” (périphérique intérieur). Et Houston, comme toute ville américaine qui se respecte, est quadrillée à l’orthogonale: 1 rue sur 2 dans un sens, 1 sur 2 dans l’autre, certes c’est monotone…mais terriblement efficace. D’ailleurs, si vous avalez une boussole, vous ne risquez pas de vous y perdre. Ah, il faut juste savoir que les feux de circulation sont toujours…oups!…derrière l’intersection et pas devant. Mais après quelques jours je ne l’oublie plus… Une autre petite particularité amusante du code US: au feu rouge, si personne n’arrive dans l’autre sens, vous pouvez tourner à droite sans attendre. Au début, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde me klaxonnait à l’arrêt. Mais maintenant, je sais déjà qu’au retour en France j’aurai du mal à abandonner cette charmante pratique. En voiture, donc, “and let’s go to museum*”. * Le musée choisi ce jour était celui de l’Holocauste: À voir, notamment pour ses émouvants témoignages des survivants qui ont émigré à Houston. Il ne se prête pas à une rubrique humoristique; je ne le commenterai donc pas ici mais vous engage à le visiter si vous avez l’occasion.

La femme de ménage

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Nous ne voulons pas de femme de ménage. À un étage élevé il y a peu de poussière (et le temps d’y arriver nos chaussures sont sèches). Nous ne sommes que deux, très (qui a dit trop?) ordonnés et nous salissons peu. De toutes façons, j’ai réussi à comprendre comment utiliser l’aspirateur de forme étrange fourni avec l’appartement. Et à acheter (quoiqu’avec difficulté) une centrale à vapeur bien moins performante que celles que nous avons en France. Car ici, visiblement, on ne semble pas avoir beaucoup de considération pour les mexicaines qui font le ménage, si on en juge par les miteux fers à repasser que l’on trouve sur le marché. Bref, en tous cas je suis autonome, je range, je nettoie, je repasse…et je fais le lit. Ah, et bien justement, c’est le seul problème, notre beau lit, importé de Chine par nos chers voisins, rappelez-vous. Vous connaissez pourtant mon admiration invétérée pour tout ce qui est chinois (Ma belle fille cantonaise elle même doit parfois tempérer mon enthousiasme) mais là, je dois mettre un petit bémol concernant ce lit. Certes, ce “King Size Bed” sied parfaitement dans notre magnifique chambre à coucher panoramique et nous y dormons relativement sereinement. Mais il est dangereux. D’abord, il a des angles aigus (ce qui est interdit en Europe depuis belle lurette, les USA seraient ils moins regardants?) Mais surtout…vous ne pouvez absolument pas border les draps sans vous coincer les doigts. Impossible. Le week end, j’essaie bien parfois de me défiler pour que mon cher mari soit de corvée… Mais en semaine, je n’ai pas le choix…Aie!.. Aie!…Aie! C’est la loi de la nature, comme tout animal qui connaît les pièges, j’ai fini par trouver la parade: je mets des gants…Même plus mal! Donc ce matin tôt, alors que j’étais en train de disposer artistiquement la couette, en pyjama rayé et gants de cuir, j’entends sonner. J’ouvre. Une petite dame un peu basanée à l’accent mexicain m’explique qu’elle cherche du travail. Puis son regard se pose sur mes mains gantées de noir, elle bafouille quelque chose et part en courant. Je ne saurai jamais si elle m’a prise pour une terroriste française au saut du lit, ou si elle n’en peut plus de se faire coincer les doigts dans les lits chinois de l’immeuble…elle est partie si vite, je n’ai pas eu le temps de remarquer si elle avait des sparadraps aux doigts…

L’accent Texan

Independence‎ KS‎ 67301, Etats-Unis

L’accent texan a une réputation épouvantable. “Oh là là, ma pauvre, tu pars à Houston, tu vas en baver” ai-je entendu à maintes reprises. Et bien, finalement (et heureusement)…pas tant que ça. C’est vrai, j’ai été agréablement surprise en arrivant: Mes interlocuteurs semblent comprendre quand je parle anglais, et, majoritairement, moi aussi je comprends lorsqu’ils me répondent. Bizarre… L’accent texan se serait il amélioré? Eh bien non. Mais j’ai l’explication: Â Houston, il y a peu de “vrais” anglophones. Moins de 40% de la population paraît-il, 38,8% exactement. Les autres houstoniens sont latinos à 35,9%, asiatiques à 7%, ou d’autres origines…nombreuses. L’anglais, comme pour moi, c’est leur seconde langue. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, j’ai rencontré une dame très investie dans le rodéo, le “sport” national. Eh bien, elle était allemande. Oui…mais les 40% de “native” anglophones, eux, ce sont des “vrais” texans? Pas du tout. Quand j’interroge mes amis du groupe de marche, ils me le confirment. Ils viennent tous de NY, Pittsburgh ou autre Seattle. Alors, n’y aurait-il aucun “vrai” texan à Houston? Si. Walt, le doyen des marcheurs. Et effectivement, quand il parle, je ne saisis que 10% de ce qu’il dit. Mais il est tellement gentil, Walt, qu’il veut bien répéter sa phrase 9 fois.

La Highway de Houston

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Quand je suis arrivée, Mon mari m’a dit “C’est tout de suite ou jamais…Vas-y!” Il avait sûrement raison, Parce que j’ai appris depuis que certains expatriés, même après des années, hésitent toujours â s’y aventurer. Moi, naïve que j’étais, une semaine après mon arrivée, j’empruntai donc la “Highway” Cette Highway, c’est un monde en soi, sans doute un des derniers vestiges du “Wild Wild West”, l’ouest sauvage si cher au cœur des gens du cru. Avec sa loi du plus fort, ses “trucks” (monstres fumants à dix huit roues), ses cowboys fougueux lancés à pleine vitesse qui vous dépassent de droite comme de gauche et ses mexicains en pick-ups, pas si poussifs que ça, qui perdent en trajet leur précieux chargement… Où ailleurs pourrez-vous trouver des conducteurs qui vous empêchent délibérément d’emprunter la bretelle de sortie, ou qui traversent juste devant vous les 6 voies en diagonale sans avoir l’idée pourtant toute bête de mettre leur clignotant? Où admirer des motards…sans casques lancés à 120 miles (et pas kms) à l’heure sur une autoroute bondée limitée à 65? En Afrique peut être? Non, non, trois fois non… uniquement ici. Avez vous vu cette incroyable voiture de police sans avertisseur ni gyrophare qui double sur votre droite à la vitesse d’une fusée? Ah, c’est vrai…nous sommes proches de la NASA! Comme le disent les houstoniens eux mêmes, si vous avez envie d’être réduit en T Bone par un(e) conducteur(trice) en train de se raser, d’envoyer un texto, de se remaquiller ou de prendre son petit déjeuner au volant à 100 à l’heure, c’est là que ça se passe. Un gars du coin le reconnaît sur un forum: “la moitié des conducteurs texans ne devraient pas avoir leur permis de conduire. Y compris moi.” Un autre automobiliste, récemment arrivé, le confirme: “En 1 mois j’ai déjà été embouti deux fois. La première a entrainé 4 jours d’hospitalisation. Qu’ont ils donc ici à faire de si important pour que ça justifie de mettre leur vie et celle des autres en danger? Je ne suis pourtant pas un conducteur timoré, chez moi à Dallas je n’ai jamais eu de problèmes: This place is just nuts.” Mais moi…Même pas peur! Quoique… Un terrible doute m’assaille… En m’envoyant sur la highway, mon mari aurait-il cherché à se débarrasser de moi?

La mode américaine

3100 Rd, Independence, KS 67301, USA

Pas plus tard qu’hier, j’ai lu un article de presse intitulé “Pourquoi les américaines n’ont pas de look. C’est mon mari qui me l’a transmis en disant : “Ça va t’inspirer pour tes chroniques.” Malheureusement, pas du tout ! D’abord, je n’ai jamais été une fashion victime: Je préfère mes jeans basiques, confortables et relativement bien coupés aux horreurs de certains grands créateurs. Ensuite, ayant habité longtemps à l’étranger, je n’ai pas l’œil aiguisé de la parisienne chic, capable en un éclair de noter toute faute de goût. Néanmoins la difficulté ne m’arrête pas, essayons de commenter la mode américaine. Euh… Je ne vois rien de vraiment remarquable. Ah si, la mode me semble nettement moins triste et uniforme que chez nous. Prenons un exemple comparatif: Dans le métro parisien (piochons une station au hasard…voyons…Châtelet vers 18 h): Face à soi déboule un troupeau de fourmis noires toutes identiques, bien décidées à tout exterminer sur leur passage. – À Houston, au Central Market (un supermarché à l’heure de pointe ça fera l’affaire?): Les vêtements des clientes semblent nettement plus colorés et variés. Pourtant, (sans doute à cause de ma formation scientifique) j’ai un doute sur la fiabilité de mon étude: Personne ne m’a bousculé ici, et les dames qui obstruaient légèrement le passage se sont même excusées avec un gentil sourire: Est-ce que ça ne créerait pas une impression faussement positive? J’observe mieux : Le look local est juste… Incroyablement banal: En semaine les salariées sacrifient au style “working girl”, et à certaines occasions elles semblent un chouïa “overdressed” (à mon goût…mais je reste ouverte à la discussion). Rien de franchement rédhibitoire. (La coiffure n’est pas le sujet du jour). Rien de vraiment particulier. Les femmes d’ici viennent en tennis au bureau et chaussent leurs escarpins en arrivant; tout le monde vous l’a déjà raconté…je ne vais pas rabâcher. D’ailleurs certaines parisiennes futées commencent maintenant à adopter cette intelligente habitude. Rien de notable, absolument rien. Sauf… Un accessoire, qui fait à lui seul la spécificité d’un vrai “look américain”. Il se porte à la main. Un sac? Une bague? Des mitaines?…Quand même pas un smartphone? Non, vous n’y êtes pas. C’est…un mug. Quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, à midi comme à minuit, quand vous croisez une américaine, elle tient SON MUG. Ce charmant attribut se décline â l’infini dans un choix ébouriffant de matières (carton paraffiné ou non, plastique opaque ou transparent, verre dépoli ou pas, métal brillant ou mat, bois, polystyrène et j’en passe) de couleurs (l’arc en ciel n’y suffirait pas) de motifs, de designs et de formes… Dans tous les magasins vous en voyez des rayons entiers. Le Must est d’en avoir un décoré au logo d’une des équipes locales, Rockets, Dynamos, Astros ou Texans (au choix), ça en jette plus que les autres. Mais aucune obligation, toutes les variantes sont admises. Il peut être isotherme ou non, encapuchonné ou non, avec ou sans paille, entouré d’une collerette en carton gaufré…tout est possible. Tout vous dis-je. Absolument tout. Mais il doit avoir UNE caractéristique, une seule: Être le plus grand possible, énorme, immense, gigantesque… Et déborder. Le chic du chic étant de laisser son sillage de café, thé glacé ou soda bien collant dans l’ascenseur. Et de marcher dedans, afin d’en répandre vraiment partout. Pour que tout le monde, y compris la française la plus miraud qui soit, remarque votre fabuleux accessoire de mode US… J’ajoute que, d’un point de vue ethnologique, vous remarquerez qu’aux États Unis, le seul objet préféré au mug est la voiture. On trouve donc dans le commerce des “carsters” absorbants spécifiquement destinés à protéger les portes mugs (intégrés aux dits véhicules) de toute projection intempestive. Ici, ces curieux objets d’artisanat chinois sont bien entendu à l’emblème du Texas. Et “C’est tout ce que j’ai à dire”, comme l’aurait si bien exprimé ce cher Forrest.

Salons de coiffure

I-45 S, Houston‎ TX‎ 77002, Etats-Unis

Tout les expatriés vous le diront. Quand vous partez à l’étranger, vous changez tout: votre toit, votre voiture, vos meubles, votre alimentation, vos habitudes, vos repères… En général, ça se passe, avec plus ou moins de facilité, globalement bien. La seule chose qui pose problème, c’est de changer de tête. La mienne, par exemple, m’accompagne depuis…un certain temps dirons nous. Elle n’est pas extraordinaire, certes, mais je suis habituée à la voir chaque matin dans le miroir de la salle de bains. Aujourd’hui, justement, elle est vraiment affreuse. C’est brutal. Hier encore, à grand renfort de gel, je pouvais me coiffer de manière acceptable, mais là, force est de constater, mes cheveux ont poussé. C’est normal, voilà 2 mois que je ne suis pas allée chez le coiffeur. J’ai bien essayé en France de faire couper ma tignasse aussi court que possible mais hélas les phanères ont vocation à repousser. Que faire? Je n’ai pas le choix, je vais devoir confier ma tête, la seule, à des mains étrangères. Et où aller? Ça s’annonce mal, depuis que je suis ici, je n’ai repéré aucun salon de coiffure; alors que des ongleries, il y en a vraiment partout, à tous les coins de rue et même plus. Mon cher mari a d’ailleurs interrogé à ce sujet notre ami Alan qui lui a expliqué : “C’est normal, il y a environ 50% de femmes aux USA, presque toutes ont 2 mains et 2 pieds avec 5 doigts à chacun donc ça fait beaucoup d’ongles.” Effectivement le raisonnement se tient mais alors en manque ‘il aux françaises? Il faudra que je vérifie en rentrant. De mon côté, j’ai questionné ma copine Kim, l’épouse d’Alan, pour savoir si elle avait trouvé un coiffeur correct. Ah, elle en essayé un, mais la simple coupe coûtait aussi cher qu’un WE dans un hôtel de luxe… Elle hésite un peu à sacrifier ses prochaines vacances pour refaire sa couleur. Ce n’est pas engageant. Mais je ne peux pas me permettre de me décourager, il y a urgence: interrogeons Martine, ma copine canadienne toujours pleine de ressources. Elle aussi a expérimenté un salon, d’ailleurs elle leur document explicatif dans son sac. Leur carte? Le plan d’accès? Non. Leur grille tarifaire. Sur une pleine page, un tableau excel (de 98 cases!) vous détaille les prix pratiqués. Sachez que vous ne payerez pas la même chose selon votre âge, la nature de vos cheveux (fins ou épais) mais surtout…selon l’expertise technique que vous recherchez. Sept possibilités vous sont offertes: À vous de choisir si vous préférez confier votre précieuse tête à un débutant, un senior, un maître coiffeur, un styliste, un directeur artistique, un créateur ou encore le patron du salon en personne. Les prix varient du simple au triple selon les compétences supposées de l’intervenant. “Oh My God”! Ma tête est mise à prix… En plus, à moi de déterminer combien elle vaut. Horrible dilemme… Finalement, je crois que je vais me laisser pousser les cheveux. Heureusement, de son côté, mon époux, peu sensible au slogan phare du géant de la cosmétique, a déjà trouvé “son” salon: Laissons le raconter: “Mon coiffeur s’appelle Mick. C’est un collègue qui m’a refilé le tuyau. Normalement une coupe masculine standard dans le Downtown, c’est environ 50 $: Cher payé quand le cheveu se fait rare et que la calvitie gagne jour après jour inéluctablement du terrain. Le Mick en question ne prend que 6 $, encore a-t-il eu récemment le toupet de monter son tarif de 20%: A 5 $ la coupe quand l’euro valait 1,60 $ c’était vraiment la bonne affaire. Lorsqu’on arrive, on trouve toujours de la place sur le parking. Normal, les cols blancs sont rares dans le coin et le quartier n’a rien d’un haut lieu du tourisme texan. Chez Mick, pas besoin de parler anglais. Il faut savoir 2-3 mots d’espagnol et ça suffit amplement. Pas d’attente avec un café, une boisson ou les Voici, Gala et Paris Match locaux. Si on veut lire on apporte son magazine, si on veut boire un coup, on a le droit de venir avec sa bière. C’est cool. Mais en vrai on n’attend pas chez Mick et c’est pourtant sans RDV. On entre dans le salon, on s’assied directement dans l’un des 6 fauteuils alignés devant autant de coiffeuses (toutes mexicaines). La première fois que j’y suis allé la coupe a été effectuée en 4 mn chrono, ce WE c’était bien plus lent. On a presque dû frôler les 6 mn 30. La technique opératoire est simple: Le client donne 2 chiffres en espagnol (c’est là où quelques rudiments de langue hispanique s’avèrent essentiels). J’annonce donc “Dos-Cuatro” ça signifie en mm la hauteur de lame: le plus petit chiffre c’est pour les tempes et le cou, le plus grand pour le dessus du crâne. La jonction des 2 se fait au jugé mais c’est plutôt bien réalisé en général. Donc allons y pour “Dos-Cuatro”. A l’instar des 5 autres clients alignés en rang d’oignons face au grand miroir qui court d’un bout â l’autre du salon, je m’assieds sur un fauteuil en vrai simili cuir. La coiffeuse bloque la tête de sa victime et la tonte commence. Ca rappelle furieusement le tondeur de mouton de l’Ariège ou du Limousin qui arrive à raser la bestiole en moins d’une minute. On s’en rapproche. Les cheveux volent de tous les côtés. En 2 temps 3 mouvements mon scalp est à nu. Un coup d’œil rapide dans le miroir que tend la demoiselle (de toutes façons ça ne sert a rien car elle le range immédiatement, client satisfait ou pas). Pschitt, un jet d’air pulsé sur la tête, dans le cou, au niveau du col et les quelques cheveux qui restaient accrochés ont tôt fait de gagner le sol. Hop, on gicle à peine du siège que “Next”‘ retentit dans la salle (ce sera bien le seul mot d’anglais que j’aurai entendu pendant mes 5 ou 6 mn chez Mick). Un autre habitué qui arrivait est déjà sur le siège en train de subir son tour de ratiboisage express. Pas de coup de balai entre 2, ça prendrait trop de temps. Moi j’ai payé mes 6 dollars, plus un de pourboire (1 $ ça représente quand même 16% après tout !) La petite coiffeuse a arrêté sa tonte 10 ou 15 secondes le temps d’encaisser et de me faire un grand sourire en me lançant :”Hasta luego et gracias”. Moi qui considérais toujours une séance chez le coiffeur comme une corvée, pour le coup je n’ai vraiment pas eu le temps d’y penser. Oui, il est vraiment bien ce Mick…”

La poste US

Provincial Road 280‎ MB‎ R0B, Canada

Depuis que nous sommes arrivés, nous ne recevons aucun courrier de France. C’est bien agréable. Fini les factures, les publicités, les relevés bancaires et autres avis d’imposition. Parce que de nos jours, qui envoie encore de jolies cartes postales? Personne! Néanmoins, en contribuables raisonnables et peu enclins à payer des pénalités de retard nous sommes un peu inquiets. J’ai souscris avant de partir de France une réexpédition définitive de notre courrier, et plus de 2 mois pour une mise en place, c’est suspect. L’enquête commence. La première personne à interroger est le concierge: Est ce que ce type de souci est déjà arrivé à Mosaic? “Oui, tout le temps.” Ai-je bien compris? Oui. La moitié des nouveaux locataires est confrontée au problème: la résidence se situe sur 2 numéros dans la rue, il faut indiquer 27 et pas 25 sinon le courrier n’arrive pas. Si on a choisi la mauvaise option d’envoi, c’est mort. C’est notre cas. “Shit”. “Il y a une solution? – Bah, essayez toujours d’aller au “Post Office” local….” J’y cours. (En voiture tout de même, personne ne se déplace à pieds ici.) USPS “United States Postal Service”, avec près de 600 000 salariés, est le troisième plus gros employeur du pays; ils sont indubitablement compétents: Pour un problème récurrent, ils ont même sans aucun doute trouvé une solution, dans le cadre de ce qu’on appelle chez nous la “démarche qualité”, celle qui assure un service minimum à moindre coût pour que le consommateur ne pète pas complètement les plombs. Il est joli et propret le bureau de poste tout rose, avec un grand parking devant et une file d’attente balisée, je sens la démarche bien engagée. J’arrive au comptoir, j’explique mon cas. “Attendez ici”! (Au fond à droite devant un volet fermé, décidément ils aiment ça ici dans les administrations.) Je patiente un petit 1/4 d’heure. “Est ce que j’ai bien compris? Je dois rester là? – Oui. La responsable va venir.” Le volet s’entrebâille…Hélas ce n’est pas pour moi. La postière veut le hamburger apporté par sa fille. Elle referme. Le temps de prendre son snack sans doute. Et ouvre à nouveau. “Hi Maaaammm, que voulez-vous?” J’explique mon problème. Elle connaît. Elle va voir si il y a des plis pour nous en attente. Je la vois au loin fourrager dans des monceaux de tas de piles de lettres en instance, sans succès apparemment, elle revient les mains vides. J’insiste. On doit forcément avoir des expéditions en rade quelque part… Pas chez eux m’affirme t’elle, mais elle va noter nos coordonnées et me fera savoir si il y a du nouveau. Elle se retourne et attrape sur la table derrière son dos, à côté de l’emballage vide du hamburger et de son mug de café, un calepin éculé où elle note au crayon de papier mon numéro de téléphone. C’était il y a 3 semaines…